Maxime Bonneuil
Audioprothésite diplômé d’Etat
Spécialiste de l’audition
Appareillage de l'enfant et de l'adulte

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Convaincre un proche

Comment amener un proche à consulter pour un examen de son audition ?

Il n’est pas facile de convaincre les gens de notre entourage de consulter en audiologie. Dans les mœurs, la surdité est souvent associée à la vieillesse. Or, qui veut admettre qu’il vieillit et que ses capacités diminuent ? Il est donc confrontant de dire à quelqu’un «qu’il entend mal».

La surdité s’installe de façon sournoise. On ne s’en aperçoit pas instantanément puisque les capacités diminuent petit à petit. Ainsi, la personne malentendante ne se rend pas compte qu’elle n’entend plus aussi bien qu’auparavant et rapporte souvent qu’il s’agit de la faute de son entourage : « Ce sont les autres qui marmonnent ou articulent mal!» Ce dernier argument est souvent utilisé. Elle ne peut également pas savoir qu’elle n’entend pas certains sons si elle ne les a jamais entendus. Il est donc difficile de constater ces manques.

De plus, dans les phases d’acceptation de la surdité, sachez que la personne malentendante traverse généralement une période de déni plus ou moins longue. Elle vit des frustrations. En moyenne, il peut se passer plus de cinq à sept ans entre le moment où l’on constate des difficultés d’audition et le moment de la consultation en audiologie. Certaines personnes vont même attendre jusqu’à quinze ans.

Pour persuader quelqu’un de consulter, il n’existe pas de recette miracle. Chaque personne ne réagit pas de la même façon. Pour certaines, il faudra utiliser « des pincettes » en y allant avec délicatesse, alors que pour d’autres on se permettra de le faire de façon plus directe. Il faudra miser sur les émotions, par exemple en demandant à la personne si le fait de ne pas comprendre lors des rencontres familiales ou lorsqu’elle joue avec ses petits-enfants la dérange. On pourra également parler de ses propres émotions, soit en insistant sur le fait que ça nous attriste ou nous fâche lorsqu’elle ne participe pas aux conversations ou encore lorsqu’elle fait répéter continuellement. De plus, il demeure primordial de choisir un moment opportun où la personne sera disposée à nous écouter et surtout éviter de le faire en présence d’une tierce partie. Le respect est de mise et favorise l’écoute.

Il faut donc énoncer des faits et surtout éviter d’utiliser un ton et des paroles accusatrices afin que la personne ne se sente pas attaquée. Évitez les phrases suivantes: «Tu ne comprends rien!», «Tu fais toujours répéter!», «Tu réponds de travers!» Il est préférable d’utiliser la formule du «je»: «J’ai l’impression que tu es plus fatigué à la suite des rencontres de groupe », «Je pense que tu as plus de difficultés à comprendre qu’auparavant», etc. Il est important de faire comprendre à la personne concernée qu’on ne veut que son bien ou encore qu’on ne pense qu’à améliorer sa qualité de vie.

Il faut également être à l’écoute de la personne et tenter de comprendre son opinion. Celle-ci ne doit pas être forcée.

Le professionnel de la santé auditive est là pour aider la personne malentendante. On peut donc lui faire comprendre qu’elle n’a rien à perdre à consulter et tout à gagner !

On peut proposer de l’accompagner dans cette démarche. Par exemple en s’occupant de la prise du rendez-vous, ou encore en se rendant chez l’audiologiste avec celle-ci. Cela permettra certainement de réduire le stress que peut vivre la personne malentendante. D’autres trucs simples peuvent être mis en application :

- On peut trouver un prétexte pour discuter d’un article intéressant paru récemment.
- On peut faire une remarque sur les beaux appareils auditifs d’un voisin.
- Etc.

Finalement, par prévention, il est recommandé d’effectuer un test de l’audition de façon régulière tout au long de notre vie, et ce, particu¬lièrement à partir de l’âge de 50 ans, tout comme on le fait généralement pour notre vision.